Certains astrologues ont adhéré au dogme du
karma : selon cette
théorie, notre thème, ainsi que ceux de tous les êtres
passés, présents ou futurs, serait le reflet de l'état
humain, qui s'insère dans une série
infinie d'autres états. Le macrocosme
représentant le miroir du microcosme, l'astrologie
tendrait à révéler les tendances karmiques propres à l'état
humain et à son actuel conditionnement, ainsi que les
possibilités dont il dispose pour se libérer de ce conditionnement.
Les tendances karmiques
Nous croyons en l'idée d'un moi que nous
souhaiterions éternel et immuable parce que nous avons soif d'exister,
de nous perpétuer,
d'acquérir. Bref, de ne pas mourir. Ce décalage entre nos
aspirations et la
réalité est cause de souffrance et produit les tendances karmiques,
c'est-à-dire une série
de réactions négatives
en chaîne, où nos actes
sont motivés par l'avidité, l'ignorance et la peur de cette
réalité. Victimes de notre attachement,
nous subissons un cycle
infini de réincarnations plus ou moins heureuses: le « samsara ».
Une responsabilité individuelle et collective
Selon le principe du karma,
nous sommes condamnés à
nous réincarner
éternellement, et la nature positive ou négative de notre vie future sera le produit de nos actes et intentions
présents ou passés. La leçon principale du bouddhisme reste donc que nous sommes seuls responsables de notre destinée. Notre karma est la matrice dont nous sommes issus : nous recueillons en héritage ses bons et mauvais fruits. Le karma n'est pas un processus isolé : notre
entourage subit les conséquences de notre mauvais karma et nous subissons les effets de karmas environnants. Au-delà du karma
individuel, il existe en effet un karma de groupe, de famille et,
même, de pays. Le karma est le créateur du monde, dont nous sommes les expérimentateurs. Dans ce corps défini, il y a le monde, les origines du monde
et la voie qui mène à l'extinction du monde
(Bouddha). Cela
signifie que, par nos productions karmiques, les
actes, paroles et pensées, nous nous engageons sans cesse dans la construction et la
reconstruction de ce monde et d'autres mondes après celui-là. Des actes vertueux peuvent conduire à un état meilleur, mais, même de bonnes actions, tant
qu'elles sont sous
l'influence et la dépendance de l'attirance, la répulsion et l'illusion, contribuent
à la création et à la
préservation d'un monde de
souffrance. Le processus de réactions en chaîne ne peut être brisé que par la
compréhention et la moralité, sinon
nous restons condamnés à la
réincarnation éternelle.
La réincarnation
Pour le bouddhisme,
lorsqu'un être meurt, la conscience modelée et conditionnée par les tendances karmiques transporte ces dernières dans son voyage vers l'au-delà. La conscience cherche alors à s'associer de nouveau à une incarnation pour
retrouver une existence qu'elle se refuse à quitter. Au cours de ce processus, elle essaie de trouver un corps et un environnement familiers, c'est-à-dire reflétant son propre état karmique au moment de la mort physique. Tout le monde ne
renaît pas dans le corps humain. Le karma accumulé de certaines consciences
les entraîne vers d'autres conditions. Pour le bouddhisme, il existe six conditions : trois inférieures (habitants des enfers, esprits, animaux) et trois
supérieures (hommes, demi-dieux, dieux).
La libération, ou « éveil »
Nous
avons toujours le choix d'une condition meilleure : le cycle
éternel de souffrance peut être interrompu,
si nous commençons par comprendre la vraie nature de notre karma et de notre
rapport avec le monde. Cettecompréhension nous motive
pour faire prédominer un bon karma dans notre vie. Plus cette compréhension s'approfondira, plus elle nous
permettra de nous défaire de nos attaches
karmiques pour nous tourner vers le but ultime de l'action : la fin du
cycle de réincarnation et notre libération finale de la condition
humaine, ce que le Bouddha nomme l'éveil.